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Le Muay Thaï sport national thaïlandais

Date : 04/11/2009
Posté par : Carl E

Le Muay Thaï sport national

Historique de la société thaïlandaise

histoLes premières apparitions de formes de combats codifiées et appelés " Muay Thaï " se situent aux alentours de 1520-1550, règne de François 1er. C'est au 18ème siècle que le Muay Thaï atteint son apogée, sous le règne du roi Pra Chao Sua surnommé, " le Roi Tigre " qui alla jusqu'à se déguiser pour échapper aux traitements de faveur des promoteurs de l'époque. Ce stratagème lui permettait d'affronter les meilleurs champions locaux. Pendant le règne du Roi Tigre, la nation était en paix et afin de maintenir ses armées occupées, il leur imposa de s'exercer au Muay Thaï.

 

En 1774, Naï Khanohm Tom fut célèbre pour son combat contre un groupe de Birmans.
Il fut un des 30.000 prisonniers fait par les soldats Birmans qui saccageaient et brûlaient Ayutthaya, la capitale antique de la Thaïlande (1767). Durant les fêtes, en honneur de la Pagode où reposent les restes de Bouddha à Rangoon, ce grand guerrier, en présence du Roi de Birmanie, battit à la suite (grâce à une forme particulière de combat) une dizaine des meilleurs gardes Birmans. Le Roi Mangra fut un des premier à applaudir l'exploit dont il fut témoin. "Chaque partie de ce thaïlandais est bénie avec du venin. Même avec ses mains nues, il peut faire tomber neuf ou dix adversaires". Le roi rendit à Naï Khanom Tom sa liberté qui retourna à Ayutthaya où il fut accueilli en héros.
A noter qu'à cette époque, il n'y avait ni catégorie de poids, ni round. Les combats se déroulaient au finish. En guise de gants, les boxeurs disposaient de crins de chevaux, et en guise de coquille, des coquillages. Parfois, avec l'accord des boxeurs, les crins étaient recouverts de glue et de verre pilés.
De nos jours, Naï Khanom Tom est encore un guerrier vénéré par l'ensemble des pratiquants. Un jour de fête, a même été instauré, ce qui est, évidemment, l'occasion d'organiser de grands combats.

 

L'armée continua à accroître la notoriété du Muay Thaï.
Tant qu'il exista une armée en Thaïlande, les soldats s'y entraînèrent et utilisèrent ses techniques. Pour les militaires, il fut " l'art martial du champ de bataille ". Quand un soldat thaïlandais combat en corps à corps, il utilise le Muay Thaï.

histo_stadeLes premières photos, illustrant les rencontres de Muay Thaï, remontent aux alentours des années 1870.
En 1921, le premier ring fit son apparition sur le stade de Suan Kulap à Bangkok.
1945, vit apparaître le premier stadium dédié au Muay Thaï : Le Radjadamnoem,
C'est en 1930 que le Muay Thaï adopta définitivement une partie des règles de la boxe anglaise.

 

Aujourd'hui, qu'il soit un homme ou une femme, le thaïlandais de façon volontaire ou involontaire, apprend le Muay Thaï. Il est une partie indissociable de l'enfance thaïlandaise. Il l'a toujours été.
Le Muay Thaï est devenu le sport et le passe-temps favori du peuple, de l'armée et du roi.
L'histoire montre que des gens de tous les milieux sociaux se sont rassemblés dans des camps d'entraînement. Riches, pauvres, jeunes ou vieux, tous ont voulu participer à l'expansion du Muay Thaï. Chaque village organise son tournoi et a ses champions. Chaque combat est devenu l'occasion de paris ainsi qu'un moyen d'exhiber sa fierté locale. La tradition des paris est demeurée et aujourd'hui de grosses sommes sont mises en jeu sur les résultats des combats. Les compétitions de Muay Thai ont toujours été une activité rentable pour les boxeurs des villes de Sukhothai, d'Ayutthaya ou de Rattanakosin.

 

praciatOrigines et explication du rituel du Wai Khru (ou ram muay = danse de la boxe)

Si l'on en croit l'histoire ou les légendes Thaïlandaises, les compétitions de Muay Thaï se déroulaient toujours dans le cadre de festivités locales.
Ainsi, la musique est une partie intégrante du Muay Thaï, et à cause de cela, ce sport d'autodéfense, est devenu une extension de l'art dramatique Thaïlandais.
Durant les Wai Khru (prières d'avant match) et les combats, la musique qui accompagne les boxeurs est interprétée par un groupe de musiciens qui utilisent des cymbales (Shing), des tambours (Klong ou Klong-Kaek), et des flûtes javanaises (Pi Java).
De plus, il faut savoir que le Muay Thaï a été un moyen de choisir des hommes, avec de grandes qualités de combattant, afin de défendre militairement des positions importantes.

Aujourd'hui, la question la plus importante est de savoir comment devons-nous faire pour que ce bel et gracieux art ne disparaisse pas ou ne perde son authenticité ? Il y a beaucoup de façons de répondre à cette question, mais tout d'abord, nous devons comprendre l'importance du Wai Khru (la cérémonie).

Pour recevoir une formation, le boxeur de Muay Thaï doit avoir un professeur. Parfois, un boxeur peut entraîner un autre boxeur mais la coutume veut que chaque boxeur ait un professeur, et lui témoigne du respect.
Pour comprendre de façon encore plus forte la raison du Wai Khru, il faut réaliser qu'une des principales vertu du peuple thaïlandais est de démontrer du respect, et qu'il faut être humble, vis-à-vis de ses professeurs, maîtres, guides, ou instructeurs. Dans la hiérarchie du respect envers autrui, celui-ci vient juste derrière le respect parental.

Les professeurs sont remplis de connaissance, d'amour et de bonté, toujours prêts à transmettre leurs compétences et savoir-faire à leurs élèves, pour que ces mêmes élèves soient, à leur tour, respectueux des valeurs de la société et du pays. Comme des futurs héritiers, c'est leur devoir de jurer allégeance, pour supporter les privations et persévérer pour atteindre le but final : être un champion. Les élèves qui respecteront leurs professeurs seront récompensés des manières suivantes :
1. Ils auront l'occasion d'acquérir toutes les connaissances et compétences de leur professeur.
2. Ils auront la capacité d'employer ces connaissances et de les réapprendre aux autres.
3. Une vie de prospérité leur est promis.

Wai Khru dans la formation du Muay Thaï

Dans chaque étape de la formation au Muay Thaï, le Wai Khru est une partie essentielle, que l'on peut détailler de la façon suivante :

1. Le Keun Khru : L'acte de soumission
Quand le professeur accepte un élève et que l'élève accepte le professeurpour sa formation, le futur boxeur amène quelques articles personnels pour une cérémonie. Celle-ci est conduite devant une image de Bouddha et l'élève engage sa fidélité envers l'instructeur. Dans le passé, l'élève devait même servir son professeur pendant un certain temps avant que la formation réelle ne commence. Pendant cette période, l'enseignant l'étudiait pour s'assurer qu'il était digne de confiance, honnête et capable. Une fois que cette confiance était acquise, l'élève commençait sa formation.

2. Le Kronb Khru : La fin de la formation
A l'issue de sa formation, l'élève a la capacité de transmettre ses connaissances et ses compétences à d'autres boxeurs, et en même temps, est prêt à rivaliser fièrement contre n'importe qui, et dans n'importe quelle compétition. Lors d'une cérémonie on donne le traditionnel Mongkon à l'élève, celle-ci se déroule un jeudi avant midi dans la maison du professeur ou au temple.

3. Wai Khru Annuel : La prière annuelle
Le "Wai Khru annuel" est une tradition qui date de l'antiquité.Les boxeurs effectuent une prière pour leur ancien et actuel professeur, car sans eux il n'y aurait pas la connaissance et les principes de vie qui s'y rapportent. Ce sont ces deux vertus qui permettent de continuer à accomplir les tâches quotidiennes. Le jour choisi pour le Wai Khru Annuel est de toujours un jeudi car c'est "le jour des enseignants".

4. Le Wai Khru :
L'art du Muay Thaï traditionnellement impose aux boxeurs d'exécuter le Wai Khru avant chaque compétition. Le Wai Khru est une sorte de remerciement à l'organisateur de la compétition ou, comme par le passé, une façon de rendre hommage au Roi. Il symbolise aussi la reconnaissance du boxeur envers le professeur qui l'a formé.
Il est également un moyen de concentration avant le combat.
Si nous étudions les racines de la culture Thaïlandaise, nous découvrirons que le Wai Khru n'est pas seulement un moyen de remerciement à son professeur, mais également à tous les maîtres et enseignants depuis la nuit des temps.

 

Le rôle du Wai Khru

Pour ceux qui ont étudié, ou ont reçu une formation dans l'art du Muay Thaï, beaucoup sont embarrassés, et beaucoup se demandent pourquoi faire le Wai Khru ?
Est-ce pour sa beauté, le divertissement qu'il représente, la commémoration qu'il suggère ?

Si nous analysons les racines des divers types d'art, une connotation religieuse y est toujours présente. Donc, l'art tente de rapprocher les Hommes et Dieu. Par conséquent, le Wai Khru et sa musique seraient une prière à tous les Dieux.

L'autre raison serait un appel à l'esprit saint. L'art du Wai Khru doit préparer le coeur du boxeur, et son âme, à une élévation divine et surnaturelle. Le corps et le temps doivent être oubliés afin que les boxeurs de Muay Thaï puissent s'imprégner de la force divine.
Pour cela, l'élève doit se concentrer sincèrement et respectueusement pendant le Wai Khru.

Dans le passé, des guerriers Thaïlandais ont cru aux amulettes, aux charmes et que le surnaturel les possédait pendant la bataille. La concentration est le facteur principal de la volonté du boxeur. La majorité des guerriers antiques mettaient leur foi en Dieu.

Aujourd'hui, le "Wai Khru" est exécuté pour remercier les instructeurs, l'adversaire et les spectateurs. Ainsi, dans le Bouddhisme, la vraie qualité (être doux et gracieux) cache le vrai pouvoir d'autorité. Et si il peut employer ce pouvoir avec la force de son corps et la sagesse de son esprit, alors il sera imprégné de toute la puissance spirituelle. Les boxeurs doivent aider à préserver l'art du Muay Thaï, de sa disparition ou de la perte de son authenticité.

La première chose qu'un boxeur apprend dans le Muay Thaï c'est le Wai Khru.
Le Wai Khru n'est pas conçu pour insulter ou impressionner l'adversaire. C'est un rituel pour le souvenir ou le respect du professeur qui a donné sa connaissance et ses compétences.

waikuMongkon et Praciat
Depuis des siècles, le peuple thaïlandais croit au pouvoir des objets sacrés. Sur les anciennes gravures, on constate que les guerriers, durant les batailles laissaient apparaître des vêtements souvent recouverts de signes, symboles, numéros ou lettres sacrées.

Parfois leur corps était recouvert de tatouages qui les préservaient là aussi des blessures ou de la mort.

Ainsi, avant d'entrée sur le ring, le professeur, attaché aux valeurs ancestrales qui accordait une grande importance à la magie, donne à son élève, des amulettes qui lui assureront volonté, résistance, et détermination.

Les plus fréquemment utilisés sont le Mongkon et les Praciat.

 

Le Mongkon

L'endroit le plus sensible, du corps humain, est la tête, et c'est cette partie que le Mongkon est censé protéger.

Le Mongkon, est un bandeau de tissu étroit, contenant des lettres et symboles sacrés, roulé fermement, pour qu'il ressemble à une cordelette (diamètre d'un doigt environ), puis il est lié avec du fil de couture (parfois sanctifié).
Ensuite, il est enveloppé avec une deuxième bande de tissu qui a été manipulé par le professeur de la cérémonie.
Enfin, les deux sont réunis par des fils tissés pour former une sorte de queue qui, quand elle est placée sur la tête du boxeur, s'étend derrière lui.

Avant le combat, pendant le recueillement du boxeur, le professeur le retire le Mongkon.

Précédemment, tout comme le Wai Khru, le Mongkon donnait une indication de la région, ou du style du boxeur. Aujourd'hui, c'est devenu très difficile car le nombre d'écoles, de styles ou de professeur s'est considérablement multiplié.

 

Le Praciat

Le Praciat est un autre type d'amulette, qui est placé autour d'un des biceps et parfois autour des deux, pendant le combat.

Il consiste en une pièce de tissu le plus blanc possible, appelé aussi " Pha salu ". Selon la préférence des professeurs, et de son incidence sur les spécifications des rites qui ont été faits, le tissu peut être de couleur rouge.

Là encore, le Praciat contient des formules, nombres ou symboles qui ont été imprégnés par un moine.

Ces inscriptions ont été portées pendant une cérémonie pendant laquelle des formules, et des prières ont été prononcées.

Par Yann Saulnier le 21/02/2004


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